03/11/2014

Nouvelle taxe sur le dos de l’apprentissage à Genève : ça joue, ou bien ?

 

L’apprentissage, et tout particulièrement sous sa forme « duale », signifiant qu’un apprenti se forme à l’école et au sein même d’une entreprise, est une formule connue et appréciée bien au-delà de nos frontières helvétiques.

Nombreux sont en effet les pays qui veulent actuellement inclure l’apprentissage en dual, perçu comme concret et efficace, à l’heure de la technocratisation galopante des études, dans leurs  systèmes de formation.

Enseignante en école professionnelle, je suis bien consciente de l’intérêt, de l’importance et de la portée d’un mode de formation qui permet à l’apprenti d’apprendre une théorie et de pouvoir directement l’appliquer pratiquement au monde du travail.

Le savoir théorique est de cette manière quasi-simultanément  adapté à la réalité du monde environnant l’école, le fameux monde du travail, et cela est absolument remarquable d’efficacité.

Mon contact quotidien avec les apprentis m’a appris ce qui précède, mais nombreux sont ceux à qui cette transposition directe d’une théorie à une pratique saute aux yeux.

Seulement voilà : un hic avec l’apprentissage en dual à Genève il y a.

Pas besoin cependant d’aller « aussi loin » que la Sarine pour s’apercevoir que bon nombres d’entreprises genevoises n’ont pas encore bien saisi la manne qualitative et financière que représente la formation professionnelle duale.

Mais quelles sont, diable, les causes d’un tel désamour ?

Car en effet, sans cerner les causes d’un problème, a-t-on jamais vu des mesures de punition financière produire le moindre effet ? Car la punition financière, c’est bien ce que le Parti socialiste propose aujourd’hui pour encourager l’apprentissage en dual. Vous savez, un peu comme vouloir faire boire de l’eau à un âne qui n’a pas soif…

Ainsi, selon la logique qui semble sous-tendre cette proposition, une entreprise qui n’a jamais perçu l’intérêt qu’il y a à engager des apprentis se trouverait miraculeusement et soudainement consciente de l’avantage que cela représenterait pour elle et ce, parce que, en contrepartie, elle n’aurait pas à payer de taxe punitive. Elle n’aurait pas à faire sa punition.

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Source : fr.wikipedia.org

Et c’est cela que l’on considère comme bon moyen de valoriser une formation professionnelle efficace? Genève a donc bien du souci à se faire.

Pourquoi ne pas chercher plutôt du côté de la manne qualitative et financière que représentent pour les entreprises l’engagement d’apprentis ?

Pourquoi ne pas parler franchement des liens défaillants entre les technocrates et le monde du travail ?

Pourquoi ne pas parler, enfin, franchement de l’apprentissage?

10:13 Écrit par Natacha Buffet dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |