03/03/2015

Enfin des zones piétonnes dignes de ce nom et « commerçants freundlich » !

 

Chacun les connaît, beaucoup les apprécient, mais ça, c’est bien souvent le cas lorsque l’on est en vacances. Lorsque l’on est ailleurs… Mais pourquoi diable l’idée de zones piétonnes qui plaisent à la fois aux badauds de tout poil et aux commerçants peine-t-elle tant à faire son chemin à Genève ?

Et bien simplement parce qu’en lieu et place de les imaginer dans la cohérence, on préfère les imaginer dans l’opposition. Les fameux anti-bagnoles contre les non moins fameux égoïstes du transport individuels. Les gentils amis de l’environnement contre les méchants défenseurs de l’économie, et j’en passe, et d’encore bien meilleures !

Ajoutez à tout ce fatras une petite couche de bien-pensance et vous obtiendrez des zones « de vie et de partage ». Disséminées un peu partout dans la ville, sans que l’on sache très bien où les trouver, elles semblaient surtout destinées à empoisonner la vie des gens. Mais toujours bien loin de ce que le commun des mortels imagine quand on lui parle de zones piétonnes… Nous le voyons, Genève a encore du pain sur la planche pour créer des zones piétonnes dignes de ce nom.

Succès dans bon nombre de villes européennes, les zones piétonnes peuvent aussi exister en Suisse et dynamiser ses villes. Zurich, Berne et Bâle nous l’ont déjà prouvé. Ces dernières ont, comme Genève, éprouvé des craintes liées à l’aménagement de ces zones et à la place du commerce au sein de ces dernières. Elles ont finalement démontré qu’il est bel et bien possible de faire coïncider zones piétonnes et commerces florissants.

Cette bonne entente passe évidemment par des mesures concrètes et non négociables qui sont les suivantes :

-          parkings à proximité de la zone piétonne;

-          horaires d’accès pour les livraisons aux commerçants le matin et le soir;

-          végétalisation et aménagements urbains propices à la détente et délimitant clairement la zone piétonne;

-           autorisations accordées aux véhicules de secours, personnes à mobilité réduite, taxis, services de livraison à domicile, clients d’hôtels, médecins et services de sécurité.

Les commerçants zurichois, bernois et bâlois, dubitatifs et craintifs au début de ce que nous pouvons appeler « l’expérience piétonnisante », concèdent aujourd’hui que, même si ces aménagements demandent de leur part plus d’organisation, ils ne représentent pas de baisse du chiffre d’affaires, bien au contraire.

Ainsi, toute zone piétonne doit toujours être « commerçants freundlich » et savoir concilier les besoins des commerces et des citoyens qui la font vivre et qui vivent dans ces dernières.

zone piétonne bâle.jpg

www.myswitzerland.com

Cessons donc avec la monomanie du tout voiture d’un côté et de la toute mobilité douce de l’autre et concentrons-nous, enfin, sur l’essentiel : une ville qui se donne les moyens d’être économiquement et socialement VIVANTE!

09:43 Écrit par Natacha Buffet dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Mon sentiment à la lecture de votre billet c'est justement cette bien-pensance que vous dénoncez. Votre parti, le PLR, est le principal responsable de la situation dans notre canton. En s'opposant à la traversée de la Rade, on a définitivement enterré les projets de zones dites de confort dans le centre ville puisque nous devrons, pour encore minimum 20 ans, emprunter le U lacustre pour passer d'une rive à l'autre.
Fallait réfléchir avant !

Écrit par : Pierre Jenni | 03/03/2015

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