10/04/2018

La formation au coeur de la tempête numérique 4.0

La formation est aujourd’hui à Genève à un tournant qu’elle ne doit pas manquer, qu’elle doit prendre avec panache et à vitesse « grand V ». En effet, la progression de la révolution numérique est telle qu’elle ne laisse plus place à la parlotte. Qu’on le veuille ou non, la révolution dite « 4.0 » est à nos portes, est déjà en train et va chambouler l’entier de notre société, tout aussi violemment que la révolution industrielle en son temps, mais beaucoup plus rapidement que jamais.

Plus d’hésitation possible lorsque l’on sait qu’à l’horizon 2030 la moitié des métiers exercés seront des métiers qui n’existent pas encore aujourd’hui. La formation, socle de notre société présente et future, a donc un rôle majeur à jouer dans l’accompagnement de notre présent en mutation constante et dans la préparation de notre avenir complètement redessiné.  Elle doit être capable, le plus rapidement possible, de garantir aux générations futures et à celles qui font la société d’aujourd’hui, un avenir serein et capable de ne pas laisser les gens sur le bord de la route.

Mais pour ce faire, elle ne doit pas foncer tête baissée, comme d’aucuns seraient tentés de le penser, dans le monde du « tout au numérique ». Elle doit en effet, pour jouer son rôle premier, agir en aval.

A l’école primaire, elle doit prioritairement former solidement les tout-petits. Elle doit donc les armer des connaissances de base qui leur permettront ensuite de s’épanouir pleinement dans leur formation et dans leur métier futurs.  Aucun élève ne doit donc plus quitter l’école primaire sans savoir lire, écrire et avoir été sérieusement imprégné par les langues étrangères. C’est seulement de la sorte que l’Ecole pourra prétendre faire entrer les élèves dans le système secondaire en pleine possession des capacités qui leur permettront plus tard de s’orienter et de se spécialiser dans une voie qui leur convienne.

Au Cycle d’orientation, la mise en place rapide de l’accueil continu des élèves – initiative  plébiscitée par un vote populaire en 2010 déjà ! – doit être une priorité et permettre aux jeunes adolescents d’intégrer, en complément de l’approfondissement des disciplines acquises à l’école primaire, des filières spécifiques. Ainsi, le PLR soutiendra la création de filières spécialisées en sport, art, innovation et pré-professionnelle et ce, afin de développer au mieux les talents de chacun, d’orienter sérieusement les écoliers et, « last but not least », de correspondre au mieux aux rythmes de travail des familles.

Au niveau post-obligatoire, les élèves doivent arriver avec un bagage solide rempli de connaissances de base, savoir pourquoi ils ont choisi telle filière plutôt qu’une autre et éviter de tomber dans le triste tourisme scolaire qui a des conséquences désastreuses, tant pour les élèves et leurs familles que pour l’Etat.

La formation professionnelle (apprentissage en entreprise ou en école) doit finalement être revalorisée, aussi bien auprès des parents qu’auprès des entreprises genevoises car, non contente d’être une fierté du système scolaire suisse, elle est un des meilleurs moyens de lutter contre le chômage des jeunes. Elle est, selon moi, aussi une grande partie de la réponse à donner à la révolution 4.0 qui sonne à nos portes, car elle est le meilleur pont entre le privé et le public qui doivent lutter, encore plus qu’avant, main dans la main au cœur de la tempête numérique.

09:48 Écrit par Natacha Buffet dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Aucun élève ne doit donc plus quitter l’école primaire sans savoir lire, écrire et avoir été sérieusement imprégné par les langues étrangères."

Euh... je peine à vous suivre. Nous disposons aujourd'hui déjà d'algorithmes qui permettent la traduction instantanée dans un nombre impressionnant de langues. A tel point que le métier de traducteur est menacé.

J'observe plus largement que ceux qui appellent au réveil numérique ne savent pas vraiment de quoi ils parlent. On ne peut leur en vouloir car personne ne sait de quoi sera fait le monde dans pas même trois ans. Alors parler de formation sur 20 ans est forcément une chimère.

Écrit par : Pierre Jenni | 10/04/2018

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