08/09/2014

Piscines publiques : envie d'un grand plouf?

 

Les chiffres annonciateurs de l’automne sont là. On apprend que la culture et les loisirs se taillent la part belle du fromage budgétaire de la Ville de Genève et constituent plus du tiers de ses charges nettes.

Et parmi les loisirs, il y a les loisirs sportifs et parmi eux encore, il y a la fréquentation sportive, éducative ou encore furtive des piscines.

L’engouement pour les bains n’est plus à démontrer ; j’en veux pour preuve le succès toujours grandissant des bains publics estivaux qui fleurissent un peu partout en Suisse.

Fréquentation des bassins couverts, il y a aussi. Fréquentation quasi-massive, il y a sans doute, à en croire le nombre de personnes qui souhaiteraient pouvoir s’adonner davantage à leurs plaisirs aquatiques, surtout quand il fait froid dehors !

Les Vernets et Varembé, piscines bien connues des Genevois, sont ainsi ouvertes 79,5 heures par semaine : une fois à 12h,  quatre fois à 7h30, pour fermer une fois à 18h et quatre fois à 20h…

Une simple comparaison entre Genève et la proche Lausanne nous permettra de relever que notre ville offre seulement une heure supplémentaire hebdomadaire d’ouverture par tranche supplémentaire de 5500 habitants.

Est-ce bien agréable et bien viable ?

La nécessité est aujourd’hui de se pencher plus précisément sur les pratiques sportives et ludiques des gens, calquées elles-mêmes sur des horaires de travail et de vie exigeants.

Inspirons-nous donc de ce qui se fait de mieux et songeons aux personnes qui souhaitent commencer ou terminer leur journée de travail par un petit plongeon en eau couverte.

Une ouverture à 7 heures et une fermeture des bassins à 22 heures pendant la semaine constitue donc une bonne réponse aux bassins bondés ou inaccessibles, car encore ou déjà fermés.

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www.badi-info.ch

 

En bref, souhaitons des piscines publiques aux heures d’ouverture plus adaptées au rythme de la population. Souhaitons une cité qui s’adapte, qui évolue avec son temps et qui offre un cadre de vie adapté aux besoins de ceux qui l’habitent et l’animent.


10:46 Écrit par Natacha Buffet dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/06/2014

Genève : un milieu urbain adapté aux seniors ?

 

Les efforts consentis ces dernières décennies ont été nombreux pour rendre la vie de nos seniors plus animée et plus remplie. Les clubs d’aînés foisonnent. Cité Seniors propose nombre d’activité riches et variées, et les ateliers sur les thèmes pratiques de la vie courante ainsi que bon nombre de sorties sportives et culturelles figurent au programme.

Tout ceci est bien joli et nous ne pouvons que saluer l’intérêt porté à nos aînés. Mais que penser du concept tel que nous le connaissons aujourd’hui quand l’on sait que les difficultés résident dans le ressenti des aînés lorsqu’ils sortent de chez eux et les moyens de se déplacer pour se rendre et participer aux activités proposées?

Pour se sentir concernés par les activités proposées, les aînés doivent se sentir concernés et pouvoir se déplacer facilement dans un milieu urbain vécu par bon nombre d’entre eux comme hostile.

La Ville doit donc agir en amont des activités qu’elle offre :

Si nous ne sortons pas de chez soi, …

c’est peut-être que nous sommes inquiets des marches qui mènent de l’ascenseur à la sortie de l’immeuble,  

c’est peut-être parce que nous ne souhaitons pas traverser au milieu d’une zone 20 ou 30 km/heure, car il n’y a pas de passage piéton,

c’est peut-être parce qu’un bus prévu exprès pour les jours de grandes activités ne nous attend pas en bas de chez soi…

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www.ville-geneve.ch

La Ville doit maintenant se concentrer sur le nœud du problème. Par le social bien sûr, mais aussi (et peut-être surtout !) par le biais de nouvelles réflexions sur les constructions, l’aménagement et le logement en Ville. Pour encourager nos aînés, tenons compte de leur contexte de vie immédiat. Celui de l’urbanité, celui qui s’étend de la porte de son lieu appartement à la rue dans laquelle l’on circule.

Les aînés doivent être urbainement rassurés, soutenus et encadrés et c’est là l’un des rôles-clés d’une Cité envers ses seniors !

09:05 Écrit par Natacha Buffet dans Genève | Tags : genève, aînés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/04/2014

Musée d'art et d'histoire : un feuilleton genevois (2)

 

Episode 2 : En 1910 déjà, un musée résolument tourné vers la modernité

 

Le Musée d’art et d’histoire est un bâtiment dont l’enveloppe est résolument d’inspiration internationale. Marc Camoletti, architecte, conscient que le « Musée Central » doit correspondre à la ville qui l’accueille, mais aussi à son environnement plus large, s’inspire de quelques grands musées européens pour concevoir son projet.

 

Ce musée se doit donc d’être, dès sa naissance en 1910, celui de tous les Genevois, de toutes les classes sociales et de tous les visiteurs dont l’œil sera attiré par l’édifice. Nous retiendrons ici, sans autre forme de jugement sur l’architecture du bâtiment, que Camoletti voit les choses sous un angle résolument novateur. Il ne cède ainsi pas au très conservateur Heimatstil.

 

Dans cette visée d’ouverture, il semble donc logique et de bon ton d’utiliser des matériaux venus de divers horizons pour la construction du musée. Les pierres utilisées proviennent donc de pas moins de dix régions différentes de Suisse romande et de France. A ceux qui souhaitaient que ce bâtiment s’ancre strictement dans « son Heimat », il est répondu que l’architecte veut, avec raison, se distancer du « gris moral et matériel »[1].

 

Pour ce qui est de ses entrailles, le musée est pensé pour épouser les objets  qu’il abrite et qu’il se doit de révéler. C’est dans cette idée que Camoletti imagine les pièces qui mettent en présence, du sol au plafond, des matériaux en pleine résonnance avec les collections qui s’y trouvent.

 

Notons que le nombre d’objets à exposer est très vite important et que le jury du concours demande à l’architecte d’inclure des surfaces d’exposition supplémentaires :

 

et là, c’est sur la profondeur de la cour intérieure que l’on demande à l’architecte d’être moins gourmand ! De plus, cette dernière devrait être utilisée comme une surface d’exposition à part entière. C’est donc en 1901 que la question hautement émotionnelle de la cour intérieure semble naître…

 

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Rapport à l’appui du projet « 1602 », archives du Fonds Camoletti, 1901

 

Ainsi aujourd’hui, aussi bien qu’en 1901, nous voulons nous tenir écartés du « gris moral ». Nous voulons éviter le piège d’un conservatisme effréné pour notre « Grand Musée » ! L’enveloppe du musée est, nous l’avons vu, dès son origine tournée vers le monde qui l’entoure. Il doit continuer à l’être. Genève et sa région évoluent, le musée des Genevois se doit de le faire aussi.

 



[1] Extrait du procès-verbal de la commission des pétitions, août 1901

Sources supplémentaires :               - Musée d’art et d’histoire, Genève, MCMX – MMX, Le Grand Musée, 2010 

- Rapport à l’appui du projet « 1602 », 1901

 

10:17 Écrit par Natacha Buffet dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

17/03/2014

Musée d'art et d'histoire : un feuilleton genevois

 

Episode 1 : 30 ans de réflexion

La question du « Musée central » ou « Grand Musée » (comme on l’appelait jusqu’en 1902) fait rage depuis déjà trente ans alors que le premier coup de pioche est donné en 1903. Cela surprendra sans doute ceux qui ont toujours plus foi en la rapidité politique et d’exécution de l’époque qu’en celles d’aujourd’hui…

Mais pourquoi diable se bat-on déjà en 1873, et pour les trois décennies à venir,  au sujet du futur Musée d’art et d’histoire? La réponse est simple et sa résonance curieusement actuelle : on discute, on polémique et on se dispute au sujet de sa nécessité, de son emplacement et de son financement :

-          le Musée Rath ne suffit plus à contenir et conserver les œuvres d’art qui s’accumulent par le biais de dons, legs et acquisitions. Le besoin d’un nouveau musée pour Genève devient impérieux. 

-          l’on s’interroge sur l’emplacement de ce « Musée central » ou « Grand Musée» dont le nom évoque le désir de magnificence et d’accessibilité. A la promenade de Saint-Jean, d’abord évoquée, sont enfin préférées les Casemates.

-          quant au financement de ce musée d’envergure, il est en partie pris en charge par le budget de la Ville de Genève et en partie par le legs de Charles Galland, utilisé pour la construction du bâtiment.

Douze ans après le premier désir exprimé d’un nouveau musée en Ville de Genève, le concours est lancé. Les projets sont jugés médiocres. Le concours est abandonné pour être relancé en 1899. C’est l’architecte suisse Marc Camoletti (qui réalisera par la suite le fameux bureau de poste du Mont-Blanc et l’école des Cropettes) qui le remporte. Son projet relève de l’un des styles architecturaux de l’époque : le style Beaux-Arts. Le bâtiment mêle donc, en plus de sa base néoclassique, des styles architecturaux issus d’époques différentes.

JPEG - 61.4 ko© MAH, archives de la photothèque

Genève a donc enfin (!), en 1910 et après 30 ans de réflexion, son nouveau grand musée. La Ville a ainsi répondu, à cette époque, à un besoin réel de la population.

Mais une question demeure aujourd’hui : ce bâtiment, clairement attaché à l’une des modes architecturales de son temps, ne devrait-il pas avoir, une nouvelle fois, la chance de correspondre, 104 ans plus tard, à son temps ?

10:09 Écrit par Natacha Buffet dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |